Repérer les objets du ciel profond
Repérer les objets du ciel profond
Le cheminement étoile-par-étoile
Alors que la Lune et les planètes sont visibles au chercheur correctement centré et peuvent s'observer facilement, les objets du ciel profond sont invisibles à l'oeil nu et peuvent décourager certains néophytes de l'observation des merveilles de notre Voie Lacté ou extra-galactiques.
En effet, sans les montures Go-To (c'est qui est la puplart du temps le cas avec les matériels de débutant) qui permettent une recherche et un pointage entièrement automatique maintenant, il est bien difficile de trouver les fameuses tâches floues...
Une technique possible est l'utilisation des cercles de coordonnées de la monture si celle-ci est équatoriale, vous trouverez un explicatif de cette méthode ici : paul13astro.blog4ever.com/blog/lirarticle-168979-623073.html . Les inconvénients de cette méthode sont que les dobsons ou les lunettes sur monture azimutale ne peuvent pas l'appliquée et que un grand nombre de monture équatoriale du commerce ne sont pas du tout assez précises et l'objet recherché se trouve généralement hors du champ de l'oculaire (je pense notamment aux montures type EQ1-EQ2-EQ3-2-EQ5, CG4, LXD75).
Serait-il donc impossible d'observer les nébuleuses et galaxies sans monture Go-To? Absolument pas. Une technique beaucoup utilisé par les amoureux du ciel profond est le "cheminement étoile-par-étoile" ou "saut d'étoiles (star hopping)" ou encore "par jalon céleste". C'est cette technique qui va être décrite dans cet article.
1) Les avantages et inconvénients de la méthode du cheminement étoile-par-étoile:
Le premier avantage de cette technique de repérage est qu'elle peut-être utilisée avec n'importe quel télescope et avec n'importe quelle monture: du dobson à la monture azimutale en passant par l'équatoriale allemande robuste ou par l'équatoriale à fourche, elle est universelle!
De plus, elle nécessite aucun investissement supplémentaire : ni viseur polaire, ni monture plus précise, ni moteurs... rien !
Enfin, c'est la plus précise si l'on a été rigoureux : l'objet recherché arrive dans tout les cas au centre de l'oculaire même si il est invisble à l'oeil nu.
Par contre, cette méthode nécessite de l'entraînement car elle est plutôt longue à mettre en pratique ainsi que des cartes de champ précises pour trouver à coup sûr l'objet recherché".
Notez enfin que la plupart des amas et astérismes découvert par les amateurs sont trouvés par cheminement étoile par étoile. En effet, avec un Go-To, impossible de trouver de nouveaux objets.
2) Matériel absolument nécessaire
N'importe quelle monture peut faire l'affaire pour trouver les nébuleuses et amas : azimutale, équatoriale, dobson,...
Il est cependant absolument nécessaire de posséder un chercheur. Le chercheur doit être assez lumineux pour voir les étoiles jusqu'à la magnitude 5 environ, ainsi un 6x30, 9x50 de bonne facture fait totalement l'affaire, coudé ou pas. Les chercheurs point rouge, Telrad ou Quickfinder sont très argéable à utiliser en ciel profond également, pour peu que la vitre soit assez lumineuse. Notez que pour les instruments de très courte focale, comme 400-500mm, un chercheur n'est pas indispensable si l'on possède un oculaire grand champ.
Un oculaire de grand focale grossissant peu, autour de 30-50x, et si possible à grand champ, supérieur à 1°, est indispensable pour avoir une vue d'ensemble du ciel comme nous le verrons plus tard.
Enfin, deux types de cartes doivent être utilisées :
- une carte globale du ciel avec les constellations, avec les étoiles jusqu'à la magnitude 6 environ. Les ciel doit être vu en entier ou divisé en deux ( exemple : une partie pour le ciel direction Sud, et une autre partie pour le ciel direction Nord ).Les cartes tournant comme les Sirius sont très bien.
- une carte de champ précise pour chaque objet du ciel profond, donct la magnitude maximum des étoiles correspond à celle du télescope utilisé, par exemple 12,5 pour un T114/900. Le plus facile est de télécharger le logiciel Carte du Ciel et d'imprimer les cartes correspondantes, ou encore d'utiliser les cartes d'Astronomie-magazine.
Exemple de carte globale :
![]()
Exemple de carte de champ précise

3) Premiers conseils avant de démarrer...
Il est très important de préparer à l'avance ces observations pour ne pas être pris au dépourvu parce qu'il vous manquerait par exemple une carte de champ ou un oculaire. Prenez bien le temps de choisir quelle région du ciel vous allez observez et de voir quels sont le évènement de la nuit pour ne pas les rater !
Ensuite, armer vous de patience ! C'est une technique de repérage qui, il est vrai, pas aussi facile que le Go-To où il suffit d'appuyer sur une touche, donc on y arrive pas toujours du premier coup ! Ne vous découragez pas si jamais vous ne trouvez pas l'objet recherché, on est de plus en plus à l'aise avec le temps et l'expérience.
Attention à l'orientation ! En effet dans un chercheur ou un télescope, le Nord et le Sud et l'Est et l'Ouest sont inversé ! Pensez donc à tourner votre carte "à l'envers" pour que ça corresponde à la vision que l'on a au télescope.
Pour ceux qui possèdent une monture équatoriale où il a quatre axex : azimut-hauteur et ascension droite-déclinaison, le plus pratique est d'utiliser les axes d'ascension droite et déclinaison après avoir fait la mise en station ( mais ce n'est pas obligatoire ) car ces axex possèdent des flexibles de commande qui permettent d'aller doucement et donc de ne pas se perdre...
La mise en station de la monture n'est pas obligatoire, sauf si vous voulez après suivre l'objet trouvé ( pour le dessiner par exemple ) avec la motorisation.
4) Trouver les objets du ciel profond étape par étape
Voici la description étape par étape de cette méthode :
Première étape: Cherchez sur la carte globale une étoile visible à l'oeil nu, qui se situe le plus proche possible de l'objet du ciel profond recherché. Attention, plus elle est loin, plus le cheminement sera long donc plus on aura de chance de se tromper ! Elle doit également se trouver absolument sur la carte de champ plus précise.
Deuxième étape: Trouvez cette étoile à l'oeil nu dans le ciel.
Troisième étape: Centrez cette étoile dans le chercheur.
Quatrième étape: Centrez cette étoile dans l'oculaire qui a le plus faible grossissement et le plus grand champ.
Cinquième étape: Regardez sur la carte de champ précise le plus court chemin entre l'étoile qui est au centre de l'oculaire et l'objet recherché ou celui par lequel tu passes par le plus d'étoiles brillantes (quand il y a des étoiles brillantes, c'est plus facile pour pas se perdre dans le fourmillement étoilées).
Sixième étape: Empruntez le chemin d'étoiles que vous avez tracé dans ta tête ou au crayon sur la carte, progressivement, en essayant de faire mentalement des formes géométrique. Par exemple il m'arrive souvent de faire dans ma tête: "prendre l'étoile située au somment d'un petit triangle rectangle d'étoiles" ou encore: "la galaxie se situe au milieu d'un petit carré formé par quatres étoiles".
Septième étape: une fois le trajet emprunté, vous devez normalement
arriver à l'objet recherché. Si vous ne le voyez pas, deux solutions se présentent alors:
- soit il ne peut-être visible avec votre scope ou depuis votre site d'observation
- soit vous vous êtes perdus en court de route (ça arrive souvent
) et là, pas de panique! Il faut reprendre depuis l'étoile brillante de l'étape 1 et tout recommencer. Voilà pourquoi de la patience est nécessaire.
J'espère que j'ai été clair, si ce n'est pas le cas, vous pouvez laisser un commentaire avec votre e-mail et je vous répondrais au plus vite !
5) Remarques supplémentaires
Il est pratique de ce confectionner un petit cercle en bois ou en plastique qui correspond au champ de votre oculaire sur la carte de champ. Ainsi, le repérage est facilité.
Dans la partie "Repérage" des articles Parcours céleste, c'est cette méthode qui est utilisé. Elle est aussi utilisé dans la rubrique "Au méridien" d'Astronomie magazine.
Différentes cartes peuvent être utilisé comme le Pocket Sky Atlas ou le Sky Atlas 2000, mais attention! Dans certain cas comme les faibles nébuleuses planétaires, ils ne sont pas assez précis. Personellement, j'utilise le logiciel Carte du Ciel, de Patrick Chevalley.

Commentaires
scopy le 07/07/2008 à 01:09:27Très instructif ton article Paul ! Bravo pour tout ce boulot ! Amitiés, Anne